IMG_0434

MYRIAM LATORRE TOMAS A LA POURSUITE D’UN IDEAL EQUESTRE

IMG_3147

Espagnole de naissance, Européenne de choix, Normande de cœur, Myriam Latorre Tomas a fait des études vétérinaires couronnées par un master en physiothérapie équine à l’Université de Barcelone. Elle a travaillé les chevaux pour les cavaliers de niveau international – Gabriele Grassi, Samantha Lam, Pedro Veniss, Samuel Parot – et a profité des conseils de coachs remarquables Jos Kumps en tête . Photo: Un moment avec Jos le grand maître belge…

IMG_2427

Toujours à la poursuite d’un idéal de communication entre le cheval et les hommes qui l’entourent, elle a dû composer avec la réalité des pratiques qui mènent vers la réussite du sport équestre au plus haut niveau. Aujourd’hui, elle voudrait partager son expérience et ses réflexions avec tous ceux qui cherchent à construire la réussite d’un couple quel qu’il soit le niveau d’équitation ou la discipline pratiquée et a accepté de servir d’expert pour les pages du site NTDC. Photo: Myriam avec Quabri de l’Isle dans les  écuries de Padro Veniss

IMG_0006

Pour commencer une réflexion autour de la nature même de la relation entre le cheval et son entourage bipède.

DOMINER LE CHEVAL – un concept dépassé pour la science ?

La Société Internationale pour la Science de l’Équitation (ISES) publie une déclaration de position sur les concepts de formation des chevaux qui compromettent leur bien-être. Et c’est le sacro-saint principe de « il faut se comporter en dominant avec un cheval » qui se trouve ainsi mis en cause.

20170526_140942

ISES a publié une déclaration de position sur la mauvaise utilisation des concepts d’entraînement créés par l’homme, attirant l’attention sur le fait que ces principes peuvent compromettre la création d’une relation harmonieuse avec le cheval et être néfastes pour son bien-être. Développée par ISES Hon. Fellow et Prof. Jan Ladewig avec la collaboration du conseil de la Learned Society  la déclaration met en cause la croyance selon laquelle la personne que manipule un cheval doit se situer en position de dominance hiérarchique (position alpha) ou être un chef ( leader), expliquant que les chevaux interagissent avec d’autres chevaux surtout au niveau bilatéral ( un-par-un) et qu’ils ne possèdent pas de facultés cognitives pour former des concepts abstraits de hiérarchie et rang.

Selon Prof. Ladewig « Les chevaux ont de nombreux talents, tels que la survie dans les conditions difficiles. Ils se rappellent où se trouvent la nourriture, l’eau et l’abri, se souviennent des  compagnons sociaux, ainsi que de nombreuses autres choses. Il  n’y a pas d’indication, toutefois, prouvant qu’ils sont capables de gérer les situations  complexes qui exigent des habilités cognitives spécifiques. Ils ne sont pas bons à généraliser et la pensée abstraite ne fait pas partie de leurs habilités cognitives. Mieux nous comprenons la façon dont leur cerveau fonctionne et plus nous acceptons ses limitations, mieux nous serons en mesure d’établir une relation harmonieuse avec eux. »

La déclaration explore le comportement social observé chez les chevaux sauvages et domestiqués, tel que la compétition pour les ressources qui peut finir par les comportements comme l’agression, les menaces d’agression et la soumission. On suggère que les concepts de domination créés par les humains et qui ont été accepté par nombreux cavaliers, entraîneurs et soigneurs résultent d’une mauvaise interprétation et de la simplification d’une organisation sociale aussi complexe et dynamique.

Le président Honoraire De la Société Internationale pour la Science De l’Equitation Camie Helesky dit: « Beaucoup d’entre nous ont entendu pendant des années des déclarations comme « Tu dois être l’alpha. Tu dois t’assurer que le cheval te respecte  » mais avons-nous vraiment interrogé l’évidence des preuves concernant ces affirmations? Les chevaux ont-ils vraiment une hiérarchie de dominance complexe qui est définie indépendamment de l’accès aux ressources et de la motivation individuelle du cheval au moment donné? La recherche actuelle confirme-t-elle réellement la conviction que les chevaux regardent les humains, les entraîneurs, les cavaliers comme les leaders à deux pattes dans leur troupeau ? Et surtout est-il possible que suite à de telles affirmations, le bien-être du cheval et la sécurité humaine, ont en fait été diminué ? »

La dernière déclaration de position de ISES suggère que en s’appuyant sur les concepts de dominance et de leadership en formation et l’entraînement du cheval, les cavaliers, les entraîneurs et les soigneurs peuvent transférer les caractéristiques humaines, tel que le respect et l’autorité vers le cheval, menant à une pratique qui peut compromettre le bien-être de l’animal.  Car la formation basée sur la domination encourage et justifie l’application de punition et déclenche des réactions de peur et de défense chez les chevaux.

La déclaration de positionnement de l’ISES propose donc d’effacer des concepts de dominance et leadership dans l’interaction entre cheval et humain, d’apprendre plus sur le comportement naturel du cheval et sur ses capacités cognitives, et surtout de mener toute formation équestre de manière calme, claire et compréhensible pour les animaux, en accord avec les principes de l’ISES qui prennent en compte à la fois les limitations et les capacités des chevaux.