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ON NOUS CONNAIT MIEUX A DUBAI QU’EN FRANCE

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André Boittin aime les chevaux, la campagne normande et les défis. Ce passionné de travail a, depuis l’année 2000, pris en charge l’idée, la préparation et l’organisation des courses internationales d’endurance d’Argentan. Depuis deux ans et très probablement l’année prochaine également,  l’Association des Cavaliers Ornais de Randonnée (ACOR), sera chargée d’organisation du Championnat de France qui se trouve ainsi associé à sa course internationale trois étoiles, un maximum sur l’ horizon des épreuves de ce niveau. Photo du podium: André Boittin est le premier à droite

Une course appréciée à l’international et méconnue en France

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Cette dernière est devenue très réputée à travers le monde et l’année 2016 la CEI*** d’Argentan a battu tous les records de participation : 240 chevaux et 21 pays. Programmée juste avant la date limite des qualifications pour les Championnats du Monde elle a profité du hasard du calendrier. C’était le plus grand événement équestre de l’année en France et le plus discret aussi. « Nous avons beaucoup de mal à attirer les médias, se désole l’organisateur en chef. Cette année j’ai proposé à nos partenaires et aux médias de suivre une boucle de 30 km pour voir comment se déroule une course en réel, avec les allures des chevaux, les examens vétérinaires, le système de mesure de vitesse et de rythme cardiaque. J’ai loué un bus pour permettre aux journalistes de vivre une boucle en direct. Deux personnes se sont présentées.»

Il n’y a pas d’argent dans les courses d’endurance  

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Absence de l’intérêt des médias signifie absence des sponsors. « Il n’y a pas d’argent dans les courses d’endurance. Les  participants paient les frais d’engagement importants : trois cents euros environ pour une course 3* et viennent avec une équipe qui accompagne le cheval dans son effort et pourtant ils ne touchent pas de gains. L’enjeu est donc purement sportif et aussi commercial pour certains propriétaires des chevaux. Depuis l’arrivée de Moyen Orient le monde d’endurance a changé. Les bons chevaux prennent de la valeur, certains cavaliers fortunés arrivent en hélicoptère et leurs chevaux par avion-cargo, la surveillance vétérinaire des chevaux est renforcée et les courses comme la nôtre ont du succès car le terrain est relativement facile à pratiquer et permet de développer la vitesse. L’année dernière suite aux scandales de la maltraitance des chevaux pendant les courses au Moyen Orient j’ai fermé notre événement à leurs cavaliers et j’ai été immédiatement pénalisé au niveau de la participation et donc du budget. Car notre ressource principale, à part la dotation de la Région et du Département, c’est l’engagement des participants. Et il faut savoir que l’organisation d’un tel événement n’est pas simplement compliquée, elle est également très coûteuse ! Il faut financer la venue, l’hébergement et la rémunération d’une trentaine d’officiels : onze vétérinaires, des juges etc. Cette année  nous avons été aidé par le calendrier : notre course se déroulait le 16 et le 17 juillet, alors que le 18 tombait la date officielle de la fermeture officielle de qualifications pour les Championnats du Monde qui auront lieu à partir de 15 septembre en Slovaquie. Nous avons eu les demandes de participation jusqu’à la dernière minute et certaines sont même arrivées trop tard. Nous avons réuni une participation record de 240 chevaux !!!! »

L’organisation titanesque

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« L’organisation d’une grande course internationale est vraiment complexe. Il me faut quatre bons mois pour la préparer, raconte André Boittin. Le premier moment stratégique c’est d’assurer le tracé. J’ai besoin de l’accord d’une trentaine de communes qui vont accueillir les cavaliers. Ensuite il faut demander 2 mois avant la manifestation l’autorisation à la sous-préfecture d’Argentan les autorisations concernant la gendarmerie, les pompiers etc. Les dossiers sont très compliqués et certaines autorisations arrivent vraiment à la dernière minute juste avant le début de la course. Il faut vraiment avoir des nerfs solides. Nous avons de très bonnes relations avec les agriculteurs qui mettent à la disposition leurs champs, apportent de l’eau etc. Construire de bonnes relations prend du temps mais le résultat est très sympathique et permet de belles rencontres. Pour une course internationale de 3* on doit réunir des équipes importantes de  vétérinaires qualifiés et de juges internationaux, mais une fois le responsable des contacts nommé on gère cette question sans trop de soucis. La structure de l’hippodrome d’Argentan offre une centaine de boxes en dur et je loue les boxes démontables en plus. Notre grande force ce sont les bénévoles. Ils sont une cinquantaine et ont des responsabilités bien définies : responsables des boucles, responsables d’accueil des chevaux et des cavaliers. Je suis entouré par une équipe de confiance sans laquelle cette manifestation ne pourrait avoir lieu ». »

Comment gérer un cheval d’endurance      

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« Les cavaliers d’endurance sont considérés par la fédération française comme des amateurs. Il est vrai que le niveau technique requis pour la pratique de l’équitation n’est pas très élevé mais il faut savoir parfaitement gérer son cheval. Il faut signaler que la plupart des cavaliers étrangers louent des chevaux en France, ce qui est parfois délicat. Le cheval peut mal supporter l’effort demandé ou le cavalier ne le gère pas correctement – pour éviter les problèmes l’équipe du loueur accompagne le cheval mais il est difficile d’avoir réellement de très bons résultats de cette manière. L’endurance est devenue tristement célèbre à cause du dopage et de la maltraitance pratiquée par les cavaliers du Moyen Orient. Ils veulent gagner à tout prix et à toute allure, c’est leur culture et il n’est pas facile de  changer leur façon de voir les choses. On est très vigilent, on interdit désormais de remettre le cheval dans le box pendant la course pour éviter les tentations du dopage, on dispose d’un système de chronométrage très perfectionné on peut même suivre le rythme cardiaque d’un cheval à distance. On fait tout pour surveiller la santé des chevaux, mais le risque zéro n’existe pas.  »

Ce qui motive

« Ce qui me motive c’est le nombre de participants. J’en espère toujours plus et c’est une grande fierté de les voir partir satisfaits et surtout de les voir revenir. En dehors de l’endurance je m’occupe aussi de la promotion du tourisme équestre dans l’Orne et partir à la découverte des chemins, cela me fait vraiment plaisir. La campagne normande est réellement magnifique. »