PLACE AUX DAMES

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Pénélope Leprevost brille à Rotterdam et Axelle Lagoubie triomphe au Grand Prix du CSO de Deauville  avec son attachante petite alesane Rubelia (Bourggraaf/Alme SF) qui donne toujours le maximum pour sa cavalière tout en état capable d’aller très vite (39,28). Même Tony Hanquinquant avec la vaillante et rapide Oxygène D’Eglefin (Calisco du Pitray/Mister Sartilly SF) qui l’a porté vers le titre du Champion de France, n’a pas pu la battre et du coup se retrouve deuxième (40,40) devant Alexis Gautier (40,57) – sur la photo dessous. Alexis ouvrait le barrage avec Reine d’Isigny, une SF fille de For Pleasure répondant aux demandes du cavalier avec une belle générosité. Ugo Berrittella avec Rubis d’Upen (Quaprice Boimargot/Totoche du Banney SF) est quatrième, Roudy Cock avec Souche du Rouet, une autre fille de Quaprice (la mère par Galoubet A) est cinquième.  Christophe Grangier se place septième avec le jeune Tango d’Ecry (Negus de Talma/Rox de la Touche SF) alors qu’il a dominé tout le week-end – en gagnant le vendredi le Grand Prix Pro 2 à 1,30 avec Pepita du Plessis Lillebec (Jarnac/Royal Ardent SF) en 28,53 secondes, suivi par Jeroen Zwartjes sur Scotty Tame (Laurier de Here/Narcos II SF) 28,68 et Pierre Ducoste sur Muguet de la Croix (Gunter de l’Herbage/Verdi SF) 30,41. Christophe a également gagné une Vitesse à 1,35 et s’est placé deuxième pour la Vitesse à 1,30 .  C’est la loi du sport…

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COUPE DES NATIONS – LA FRANCE EN TETE

La loi du sport a frappé également à Rotterdam où la France a gagné haut la main (ou plutôt haut le sabot) cette cinquième étape de la Coupe des Nations, se qualifie pour la finale à Barcelone et, comme le dite le sélectionneur Philippe Guerdat, « peux maintenant penser à autres chose », donc aux JEM. C’est Pénélope avec Flora de Mariposa, cette fille de For Pleasure de 9 ans, qui a été une meneuse de la revue sportive de l’équipe. Une petite faute dans la première manche, sans faute dans la deuxième et, surtout, un impeccable sans-faute dans le barrage – en poussant Gerco Schröder et son fameux London à la faute – que du chemin parcouru depuis octobre l’année dernière, quand on remarquait la jument au  CSI 3* de Saint Lô.  Pénélope affirme que Flora sera son choix pour les Jeux – et on est tenté de croire que c’est un choix judicieux. Patrice Delaveau, un autre pilier de l’équipe qui a signé la semaine dernière une superbe victoire au  LGCT à Cannes joue décidément de la malchance – Carinjo HDC après le premier tour sans faute tombe à la sortie du triple pendant le second tour et se fait mal. Bosty, revenant dans l’équipe de France avec Myrtille Paulois a fait une faute en première manche et sans faute dans la seconde, alors que Kevin Staut avec Rêveur de Hurtebise HDC – qu’il impose comme son cheval de tête – a fait le contraire.

PL Rottterdam

Cette superbe victoire est d’autant plus précieuse qu’elle se passe à Rotterdam et que la France réussit à battre les Hollandais à domicile ! L’Allemagne qui a sorti ses meilleurs cavaliers et meilleurs fils de Cornet Obolensky est troisième, la Grande Bretagne quatrième, Brésil cinquième, la Suisse sixième, Irlande septième et l’équipe des Etats Unis est huitième.

ET LE DRESSAGE AUSSI !

Et n’oublions pas le Dressage qui finira par être considéré aussi comme une spécialité française ! Le meilleur couple Marc Boblet et Noble Dream ont été les premiers dans le Grand Prix Spécial avec une moyenne de 67,706%; Alexandre Ayache est 2ème avec Lights of Londonberry à 67,020%

PATRICE DELAVEAU DE NOUVEAU IMBATTABLE

Orient-Express-Hdc-DELAVEAU-Patrice_2_OK

Patrice Delaveau a les nerfs d’acier – nullement perturbé par la chute de Carinjo HDC le vendredi dans le deuxième tour de la Coupe des Nations, il met la pression à Orient HDC qui, manifestement, va mieux merci, et explose de nouveau le chrono en survolant les barres.

PD et Orient

Ils étaient une cinquantaine au départ pour ce Grand Prix doté de 200 000 euros, dont 12 réussissaient un premier parcours sans faute.  Pénélope Leprevost a fait tomber 2 barres avec Mylord Carthago, alors que Kevin Staut avec Rêveur de Hurtebise HDC et Marie Hécart avec Myself de Brêve, ont fait chacun une faute en se placant 16ème et 17ème. Sept des 12 barragistes ont fait de nouveau un parcours sans faute. A l’issue de l’ultime barrage le verdict est sans appel : Patrice Delaveau, dès que son cheval va bien, est imbattable. Il s’impose avec Orient Express (Quick Star/Le Tot de Semilly SF) en 38,06, talonné par Daniel Deusser avec Cornet d’Amour pour l’Allemagne et Bertram Allen avec Molly Malone pour la Grande Bretagne.

LA VENTE DES ETALONS HARAS NATIONAUX N’EST PAS UNE FATALITE

Timothée et Padock du Plesis

Philippe Martin, président de l’ ADEP dévoile les coulisses du projet de vente des étalons des Haras Nationaux et propose une autre solution, signée par tous les grands acteurs du monde équestre français.

Philippe Martin, président de L’ ADEP (Association des Eleveurs de chevaux de sport de la circonscription du Pin), l’homme qui est à l’origine du mouvement qui a permis de créer la Société Coopérative d’Intérêt Collectif gérant depuis un an l’étalonnage au Haras du Pin, est de nouveau sur les rangs pour sauver les étalons des Haras Nationaux d’une dispersion peu glorieuse voir honteuse et dont le profit – uniquement à court terme – peut se révéler aléatoire, comme c’est le cas pour chaque vente aux enchères. Philippe Martin tient à préciser que son action n’a pas de but personnel, il s’agit de mobiliser la filière équine pour agir et réagir ensemble  face à une administration d’Etat pas toujours soucieuse des intérêts de la filière qui emploie  75 000 personnes.

J’ai soixante-dix ans, je suis retraité, je n’ai pas grand-chose à perdre ni à craindre, même pas un  contrôle fiscal. Je voudrais rappeler, pour que tout le monde comprenne ce qui se passe actuellement autour cette vente annoncée des étalons des Haras Nationaux, l’historique du processus. Depuis dix ans environ l’Etat n’a plus le monopole de l’étalonnage , ce qui a favorisé le développement des étalonniers privés. Ceux-ci dénoncent régulièrement la concurrence déloyale, car subventionnée, des Haras Nationaux. Comme les caisses de l’Etat sont vides, le désengagement  de l’Etat souhaité par le privé est devenu aussi le but des gouvernements successifs. Ce processus est naturel et me semble  une bonne chose…

Suivant ce processus annoncé, nous avons créé il y a un an au Haras du Pin une coopérative non subventionnée qui pratique l’étalonnage dans un cadre privé à but lucratif (SCIC) il nous estimons qu’il y a de la place pour 3 – 4 centres de ce genre en France.  France Haras, Groupement d’Intérêt Public, dans lequel l’Etat s’est gardé la part majoritaire de 50,5% et le pouvoir de décision, a associé le Syndicat national des éleveurs et associations régionales d’éleveurs (FENESCO) en poursuivant les activités de l’étalonnage sous une nouvelle formule. L’Etat, c’est-à-dire des fonctionnaires d’administration qui n’ont pas d’obligations de résultat et qui ne risquent pas de déposer le bilan comme les professionnels engagés dans notre syndicat. En somme, les fonctionnaires gardaient le pouvoir et nous, on payait la note. C’était impossible à tenir, on leur a donc dit au début de cette année qu’on ne voulait plus marcher dans ce cadre. La décision de vendre les étalons constitue leur réponse à notre « révolte ». C’est une décision prise par dépit. Pas un dépit amoureux, mais un dépit de pouvoir.

Nous avons réagi, ensemble, d’une manière solidaire. France Galop, SHF, Trotteurs, tous les professionnels des chevaux de course, de sport ou des traits ont signé une pétition où on s’engage à gérer les étalons et à reverser un pourcentage des bénéfices à l’Etat – c’est donc une solution qui permet à l’Etat de faire des économies et des bénéfices à long terme. La lettre avec la pétition, adressée au ministre de L’Agriculture le 14 mars, est restée sans réponse. Pendant ce temps, on a multiplié les contacts, on a alerté, on a attiré l’attention des élus. Mardi 17 juin au matin, au cours d’une séance des questions au Sénat, Monsieur Ambroise Dupont, Sénateur du Calvados, président de la section Cheval du groupe d’étude de l’élevage a posé la question au ministre Stéphane Le Foll qui a répondu au Sénateur: « J’entends vos arguments et je vais examiner la question ». Je ne pense pas qu’on puisse déjà sortir le champagne, mais j’espère de tout cœur que Monsieur le ministre de l’Agriculture saura prendre une décision qui correspond à l’intérêt national et à l’intérêt de la filière équine. Et on continue de se battre.       

La proposition défendue par les professionnels du milieu équin semble plus viable pour les caisses de l’Etat à long terme et permet aux étalons de continuer à produire en France dans l’intérêt de l’élevage français. Sinon, la France sera bien la seule nation européenne qui, au lieu de soutenir et promouvoir son élevage national, tient à l’affaiblir. Il faut garder également à l’esprit que du point de vue de l’étranger le fait de vendre les étalons français HN aux enchères – alors que l’élevage français est à l’origine de plusieurs stud-books étrangers – indique symboliquement la faillite de la France comme terre de cheval. Franchement, c’est trop bête, surtout si cette vente sert avant tout à flatter ego de quelques fonctionnaires influents…

Photo: Timothée Anciaume sur Padock du Plessis HN