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LA QUATRIEME VIE DE THIERRY DUPONT

Depuis la saison dernière on voit Thierry Dupont, le cavalier bien connu de la région du Calvados, en compagnie d’Adéquat des Coteaux, un cheval fort charismatique qui saute comme une star et qui se classe facilement dans les épreuves 140 et 145 en prouvant à chaque tour sa capacité d’aller plus loin et plus haut. En même temps Thierry se retrouve à la tête d’une très belle écurie à Saint-Désir à coté de Lisieux, la propriété de Francesca Coin, sa compagne. C’est le moment de rencontrer et de parcourir ensemble quelques années qui l’ont mené vers sa belle forme actuelle.

CHEVAL OU EXPLOITATION AGRICOLE ?

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J’ai rencontré les chevaux à 11 ans quand je suis allé avec mon père chercher du fumier de cheval pour le jardin dans un centre équestre. Je suis tombé immédiatement amoureux de l’atmosphère, des odeurs, des chevaux et j’ai commencé à monter à cheval d’abord une heure, ensuite plus et finalement j’y  passais tout mon temps libre. On s’amusait beaucoup avec les copains, mon père était triste car j’avais abandonné complètement le foot… Après deux ans j’ai connu un autre club mené par un écuyer du Cadre Noir à la retraite où je suis resté une quinzaine d’années. Son club était aussi une ferme avec des terres, des vaches laitières etc. et avec le temps j’ai travaillé autant dans les deux, car j’aimais bien ce côté agricole. Côté cheval je montais beaucoup au départ, on faisait du complet car c’était son domaine de prédilection. Je faisais peu de concours et je ne connaissais même pas l’existence du circuit des jeunes chevaux. On était dans l’Orne, dans un coin de campagne assez perdu. J’ai arrêté l’école pour faire un CAP ce qui n’a pas fait plaisir à ma mère, institutrice, mais par la suite j’ai  quand même passé mon Bac .

J’ai fini par être l’employé de cette ferme que je gérais et selon les accords avec mon patron je devais reprendre l’exploitation mais je me suis rendu compte que cela n’arriverait pas et j’ai décidé de voler de mes propres ailes. J’ai déposé plusieurs dossiers pour m’installer dans l’activité agricole, j’ai laissé de côté les chevaux. Mais mes dossiers ne passaient pas la porte des banques, c’était refus sur refus .

Je suis donc revenu chez mon ancien patron et c’est là j’ai rencontré Nathalie, ma première femme, mère de mes deux filles, qui  est arrivée  dans son centre comme monitrice. Grâce à elle j’ai repris le cheval et nous avons décidé de nous installer ensemble. En 1990 on a pris une ferme en location avec une petite maison et j’ai commencé à y faire des travaux et des installations pour pouvoir travailler avec les chevaux – j’ai construit mes écuries, j’ai fait un manège avec un tunnel d’aviation, j’ai rénové la maison, j’ai appris comment faire en faisant. Comme je me débrouillais pas mal pour le débourrage, je faisais une centaine de PS par an, je faisais aussi des poulinages de trotteuses. Des amis m’ont confiés quelques chevaux en pension, dont deux bons chevaux avec qui je suis passé de la classe D à la classe B en une année. J’ai appris plus en une année que pendant les 10 ans précédents !

J’avais alors 26-28 ans et c’ est à cette période que j’ai commencé vraiment ma carrière équestre. J’ai appris en regardant les autres, je n’avais ni le temps ni l’argent pour prendre des cours. J’avais des doutes car j’étais seul avec mon équitation. J’ai monté mon premier jeune cheval de 4 ans à 30 ans, on peut dire alors que je suis aujourd’hui, à 55 ans, comme un jeune cavalier qui a commencé gamin! Avec de l’usure en plus, bien sûr…

L’ACCIDENT

Adéquat des Coteaux

Adéquat des Coteaux

Notre entreprise marchait très bien, on a pu finalement acheter la ferme, j’ai fait une grande carrière, un grand manège, 30 boxes, on organisait des concours et on a commencé à acheter des chevaux avec M. Boulay qui est resté toujours mon fidèle partenaire.

Et là, tout d’un coup, tout s’arrête. Je travaillais un jeune cheval qui s’est mis debout tellement fort qu’ il est tombé sur moi. Ma jambe a craqué comme une branche. Le chirurgien de l’hôpital de Flers m’a opéré en mettant une broche et m’a promis que j’allais pouvoir reprendre le cheval dans les  4 mois. Finalement j’ai eu 11 opérations pendant 2 ans, j’ai subi des greffes, j’ai eu une sévère infection et je me suis préparé à être amputé. J’ai été sauvé par un grand professeur, chirurgien à Louvain en Belgique.   Je suis resté dans son hôpital un mois et ça a était une vraie leçon de vie. J’ai vu tellement de malheur, de maladie de désespoir que j’ai compris qu’il ne faut pas se prendre la tête pour les petits tracas du quotidien. Ce qui compte c’est d’être en vie, c’est d’avoir deux jambes, deux bras, une tête qui marche. Je pense toujours à une dame là-bas qui avait un cancer en phase terminale et qui s’inquiétait pour moi.. On a beaucoup parlé et elle a été d’un grand soutient et l’exemple d’une vraie noblesse de cœur.

Ces deux années ont été très dures, j’ai dû affronter des problèmes de santé très invalidants, mais aussi  la vente de mon écurie, le divorce et le déménagement.

TOUT RECOMMENCE

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J’ai toujours souhaité m’installer dans le Calvados, j’ ai donc choisi cette région pour repartir et je me suis retrouvé près de Carrefour St Jean où j’ai remonté une écurie en réempruntant. J’ai du vendre ces installations  après trois ans pour acheter à St Desir à côté de Lisieux. C’était la friche, les ronces, il fallait tout construire de nouveau. Les écuries, la carrière, le manège, le rond de longe. J’avais aussi des champs pour faire un peu d’élevage. L’écurie marchait bien mais j’ai eu l’opportunité de la vendre il y a deux ans et j’en ai profité..

C’est Francesca Coin, ma compagne actuelle qui m’a persuadé de travailler moins, de me faire plus plaisir et de profiter de la vie.

Nous avons construit un assez beau complexe opérationnel sur les terres de Francesca . On peut loger une trentaine de chevaux – du coup on prend aussi quelques chevaux de propriétaires. Nous avons une belle carrière, des paddocks, tout pour être heureux. J’ai pris une part active à la construction de l’ensemble et je le gère au quotidien. Mais grâce à une bonne organisation et à la présence d’un salarié on peut partir assez souvent et profiter de la vie à deux. On achète les chevaux ensemble avec Francesca qui fait aussi un peu d’élevage.

LE COMMERCE DEVIENT DIFFICILE…

On achète maintenant  des chevaux  plus classiques pour les clients mais ce ne sont pas ceux qui m’amusent le plus.   Ce sont ces chevaux là que les gens demandent et qui se vendent bien. On demande qu’ils soient très bien dressés et dans le moule , avec une visite parfaite.. Les vrais crack chevaux ont quelque chose en plus, ils sont atypiques, pas toujours faciles à monter.

Galoubia, jument particulière avec qui j’ai fait mes premières grosses épreuves  avait une  visite moyenne, une volonté incroyable,  et un seuil de douleur très haut , elle  à tourné jusqu’à 18 ans. Tout récemment j’ai acheté un 5 an refusé par un autre acheteur car il avait un petit processus palmaire , il est top, je l adore !

ADEQUAT, GRAVITY ET LE BONHEUR AU QUOTIDIEN…

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Adéquat des Coteaux, fils de Tinka’s Boy vient de l’élevage de Rouge-Bois et je l’ai acheté quand il avait 6 ans dans une écurie près de Reims car il avait une très belle qualité de saut. A la maison j’ai découvert qu’il regardait tout, était très sensible et pas vraiment prêt à collaborer. J’ai franchement galéré pendant 2 ans… Il a un très fort caractère, n’aime pas qu’on lui impose les choses, il faut donc trouver des astuces .  Il faut toujours discuter avec lui mais il n’est jamais à la peine, il peut sauter trois jours avec la même fraîcheur, est très respectueux et adore les câlins !  C’est grâce à son mauvais caractère, finalement, que je l’ai encore aujourd’hui.  Nous avons maintenant notre mode de fonctionnement : 2 à 3 séances de plat par semaine,et du galop  sur la piste de trot en herbe.

Gravity LCH  c’est un KWPN, fils d’Andiamo de 8 ans, il est très timide et très sensible et a dû avoir des débuts difficiles. Acheté chez un marchand irlandais, revendu à David Aïssa à qui je l’ai acheté . J’ai ressenti une vraie qualité de saut mais il faut vraiment avoir beaucoup de calme et de patience pour le rassurer – j’ai mis 1 an à pouvoir lui caresser le flanc  et j’ai vécu 6 mois très compliqués. Il a évolué énormément, il arrive à être compétitif sur 140 . il lui faut encore du temps .

Aujourd’hui je me sens bien dans ma peau. Je prends plus de temps pour profiter de la vie. Je suis en forme et j’ai Adéquat qui me tire vers le haut, c’est fantastique. J’espère être sélectionné cette année pour commencer doucement les CSI 3*.  Aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir me permettre de ne pas le vendre. C’est un vrai luxe et j’en profite pleinement !

 

 

PORTRAIT

CHRISTOPHE GRANGIER : ON PEUT ETRE SERIEUX SANS SE PRENDRE AU SERIEUX…

Dans la vie il y a la vue qui compte...

Dans la vie il y a la vue qui compte…

Christophe Grangier, l’un des cavaliers les plus performants et les plus sympathiques sur les pistes de Normandie, a été l’un des héros de la Grande Semaine de Fontainebleau avec la victoire de Farzack des abbayes et la 2ème place de Dubaï de soie (tous 2 étalons) dans la finale de 6 ans. Il a pris il y a quelques mois un nouveau départ grâce à ses nouvelles installations à Saint-André d’Hébertot dans le Calvados, où la famille cultive le bonheur au quotidien. C’était un moment idéal pour le rencontrer…

LA GRANDE FINALE POUR LA 25ème FOIS

Einstein, un bel entier de 5 ans, élevage familial

Einstein, un bel entier de 5 ans, élevage familial

C’était ma 25ème Finale des Jeunes Chevaux à Fontainebleau… J’ai commencé très jeune car je suis né dans le milieu. Mon père travaillait comme cavalier pour Jacques Bonnet et il s’est installé à son compte dans la Seine et Marne quand j’avais 3-4 ans. A l’époque, cette région était une région de cheval, comparable à la Normandie d’aujourd’hui. Mon père gérait une grande écurie d’une centaine de chevaux. Il y avait un club, des propriétaires, du commerce… il faisait aussi beaucoup de coaching. Mon père, qui a monté à un très bon niveau, a dû s’arrêter de sauter après un accident à l’âge de 30 ans, mais il a continué à monter et à se perfectionner sur le plat.

Cette année, la finale de Fontainebleau était un peu spéciale – j’avais 7 chevaux, j’étais seul car le groom a eu un empêchement et on a logé mes chevaux à une quinzaine de minutes du site. C’était chaud, j’ai vécu des moments un peu compliqués mais les chevaux ont signé quand même de belles performances et c’est essentiel….

TRAVAIL SUR LE PLAT C’EST NOTRE PHILOSOPHIE DE BASE

Le travail sur le plat encadré par Papa, indispensable....

Le travail sur le plat encadré par Papa, indispensable….

On aime prendre notre temps avec chaque cheval. Ne pas lui mettre la pression, le préparer physiquement et mentalement en respectant son rythme et sauter uniquement quand c’est nécessaire en fonction du cheval. On ne met pas d’enrênement, sauf à la longe pour muscler le dos. L’enrênement est un cache misère et très peu de gens savent s’en servir correctement. Je sais que c’est un peu la tendance d’aujourd’hui, car les chevaux paraissent plus ronds, plus dressés, mais c’est une illusion, un camouflage car une fois l’artifice enlevé, le cheval se met l’encolure à l’envers. Les Allemands qui ont une monte plus physique peuvent s’en servir avec plus de réussite, mais un cavalier comme moi, qui pèse 55 kg, n’a pas le choix – on doit se mettre avec le cheval sans passer par la force.

LE DRESSAGE CE N’EST PAS LE DOMPTAGE

Himalaya, fils de Lauterbach, élevage familial...

Himalaya, fils de Lauterbach, élevage familial…

Avec tous les artifices on a l’air d’être beau et en place… mais cela nous empêche de sentir les choses, les défauts, les faiblesses et aussi les points forts d’un cheval. En tout cas, c’est mon avis. J’aime bien avoir les sensations. La souplesse et l’équilibre ne se voient pas forcément de l’extérieur mais c’est au cavalier d’apporter tout l’entraînement, tous les exercices nécessaires pour que le cheval puisse dérouler un parcours. Il le fera correctement parce qu’il peut le faire, non parce qu’il est obligé et contraint. J’admire les cavaliers américains dont les chevaux paraissent moins en attitude « dressés » mais qui sont parfaitement à l’écoute.

Mon système c’est le cheval avant tout. Je n’aime pas trop le mot « système » d’ailleurs, mais le mien consiste à s’adapter à chaque cheval et de la faire tranquillement, en fonction de ses besoins. Et je ne fais pas de concessions avec ce principe. Si j’estime que le cheval a besoin de repos, qu’on doit le redescendre, ou si, au contraire, il devrait être travaillé plus, je le fais même si, parfois, cette attitude intransigeante m’a porté préjudice. Cette année, à la Finale, j’avais une jument qui ne pouvait pas être performante mais qui pouvait prendre de l’expérience, de la maturité. Cette finale l’a faite grandir. Mais, à l’inverse, si je sens que le cheval n’est pas prêt du tout, qu’il peut se faire peur ou mal, alors je ne le présenterai pas et je ne céderai pas à une pression dans ce sens, même si elle est importante. Je ne sais pas monter contre un cheval car j’ai assez d’expérience pour savoir que si le cheval ne fait pas un concours ce n’est rien, il en fera d’autres, mais s’il fait un mauvais concours, ça peut être la fin. Alors, il faut savoir dire non quand on s’estime et quand on estime son cheval et son métier. Heureusement la plupart des propriétaires me font confiance…

LA PASSION AU QUOTIDIEN

La plus jeune génération...

La plus jeune génération…

Je suis toujours aussi passionné, j’adore notre sport, je peux rester des heures à regarder un beau concours. J’adore la compétition mais il est de plus en plus difficile de pouvoir trouver et garder un bon cheval. Pour s’en sortir il faut acheter plusieurs 2 et 3 ans et, à force, dans le lot on va en trouver un ou deux de qualité. En même temps les frais de valorisation et de concours n’arrêtent pas de monter, les propriétaires doivent donc les vendre assez rapidement, on peut difficilement les attendre, leur donner la chance de se former et d’évoluer à plus long terme. Je me fais plaisir en montant de très bons jeunes chevaux, j’ai du plaisir à les former. J’espère qu’un jour j’arriverai à garder 1 ou 2 bons chevaux pour faire un peu de compétition….

L’INDEPENDANCE A UN PRIX MAIS CA N’A PAS DE PRIX

Quand on aime les animaux...

Quand on aime les animaux…

J’aime bien mon indépendance, j’aime bien être tranquille. Je fais des GP 135-145 en attendant de pouvoir ressauter de plus grosses épreuves, je forme des jeunes chevaux, je fais du commerce. Nous sommes très heureux de pouvoir enfin nous installer dans cette ancienne ferme. Les chevaux y sont très bien, ils peuvent marcher sur les pentes sans avoir l’impression de travailler.

Je cherche toujours de bons chevaux, des investisseurs, de l’aide aussi. Je ne désespère pas de trouver un jour 2-3 bons chevaux pour faire de belles saisons de concours et me faire plaisir. C’est un objectif plutôt raisonnable, je trouve…

Cette année j’avais 5 chevaux de 6 ans et ils ont tous été vendus – un est parti chez Guerda, un en Arabie. Si on cible bien le client et si on joue le jeu en respectant le désir de propriétaire, on les vend plutôt bien. J’aimerais beaucoup trouver des investisseurs pour faire un bout de chemin, mais je ne suis pas trop doué pour cette facette commerciale du métier. Or, elle est de plus en plus importante aujourd’hui. Il faut savoir faire rêver les gens… Avant, les bons cavaliers trouvaient de bons chevaux, maintenant les jeunes fortunés deviennent bons à force d’avoir de top chevaux et la possibilité de courir les plus beaux concours diminue.  J’ai peu chance de me retrouver dans ce « top 50 » et je le vis très bien. Ces concours très étoilés attirent les propriétaires des chevaux et on les comprend mais ça ne doit pas prendre toute la place. Le Global c’est bien, mais les coupes des nations et les championnats qui nous font tous vibrer doivent conserver leur importance. Ce sont les médailles qui restent dans l’histoire ! Sur le Global, les gens tournent en vase clos et sont en train de désintéresser les passionnés. Pas étonnant, ce sont toujours les mêmes cavaliers, les mêmes obstacles, les mêmes concours, il n’y a que la ville ou le continent qui changent. Les gens autour de la piste ne s’y intéressent pas non plus, ils passent juste un bon moment entre eux. C’est bien que ça existe je serais ravi d’y aller si j’avais l’occasion, mais il ne faut pas que ça prenne toute la place.

IL FAUT LA VICTOIRE ET LA MANIERE

Ambiance familiale à la maison et aux écuries...

Ambiance familiale à la maison et aux écuries…

Ce qui compte c’est un équilibre entre la progression du cheval, son respect, la gagne et l’espoir d’être moins mauvais que la veille. J’espère continuer à participer à la Grande Semaine pendant longtemps et continuer à m’améliorer.

Mon premier cheval de cœur c’était Piter, un AA que j’ai monté de 12 à 17 ans. C’était mon premier cheval, il se trouvait dans nos écuries et on l’a racheté un petit prix car son propriétaire a arrêté de le monter. Nous sommes passés ensemble de 110 à 150, en passant par le titre du Vice-Champion d’Europe Juniors. C’était un guerrier incroyable et Il est mort d’une colique. C’était vraiment le cheval de ma vie.  Il y avait aussi Fleur de Carême, une petite jument censée rien faire. Mais elle est arrivée 5ème des 6 ans, classée au Championnat du Monde à Lanaken, gagnante de plusieurs G Prix 150 et vendue à l’ancienne femme de Jan Tops au Canada.

Je n’ai pas gardé de souvenirs marquants d’une victoire particulière, mais plutôt des sensations. Parfois, sur une belle piste, on a l’impression que rien ne peut nous arriver…   Il faut la victoire et la manière. Tous les chevaux ne peuvent pas nous l’apporter. Comme un acteur, on a besoin d’un bon acteur en face pour sublimer la scène, lui donner un parfum inoubliable. Contrairement à ce qu’on dit, ce sont les bons chevaux qui nous font progresser, pas les mauvais. Or, il est difficile de les juger quand ils sont jeunes – j’ai mes petites astuces, je les fais sauter en liberté sans la barre de réglage pour voir leur intelligence. Mais la vraie vérité c’est le terrain… Il y a des chevaux avec des défauts mais qui sont des bêtes de concours. Et il y en a qui sont les champions à la maison, mais en piste il n’y a plus personne – ils sont trop stressés et anesthésiés par l’environnement. Il y en a qui aident le cavalier pour être sans faute et d’autres qui, dès qu’il y a un piège, tombent dedans.  Le mental, l’intelligence, ça ne s’apprend pas. Les chevaux de concours, on les juge en concours.

VOUS AVEZ DU GENIE…

Quand on n'a pas trop d'argent il faut avoir les idées...

Quand on n’a pas trop d’argent il faut avoir les idées…

Les gens pensent souvent que je ne travaille pas beaucoup, mais à tort. Je travaille souvent sous le regard de mon père. Par exemple, à Fontainebleau, le dimanche, j’avais un petit doute avec un cheval. Il m’a regardé, m’a conseillé et je suis arrivé 2ème à la Finale des 6 ans.

Bien sûr je ne vais pas écouter tout le monde mais dans ma jeunesse j’ai été bien guidé par Gilles de Bertrand de Balanda et j’ai eu droit au regard bienveillant de Bosty et d’Edouard Couperie qui étaient mes voisins. Je ne crois pas au miracle – tiens on fait un stage, on change de mors et on va être sans faute. Ce serait trop beau et trop facile. Je crois que ce sont les détails qui font toute la différence et il faut les travailler sans relâche. Pour moi le travail sur le plat est le plus dur à faire tout seul, j’ai donc besoin du regard extérieur.

Je sais monter les chevaux au pied levé, ça ne me dérange pas, mais ce n’est pas ce que je préfère. Le 6 ans qui a terminé 2ème est arrivé dans mes écuries deux semaines avant la finale. Je sais m’adapter très vite au cheval, mais cela m’a porté préjudice dans la vie. Je préfère de loin avoir les chevaux à ma main, à mes boutons. Plus le cheval est dressé, moins il fatigue. Musclé, souple, disponible, à l’écoute mais pas fermé, c’est là qu’il est performant. L’obéissance sans décontraction a peu d’intérêt. C’est ainsi que l’on obtient de la légèreté et c’est important également pour la vente, car aujourd’hui la plupart des cavaliers sont des cavalières et il leur faut des chevaux légers, fins et agréables à monter.

ON PEUT ETRE SERIEUX SANS SE PRENDRE AU SERIEUX

Je suis assez complexe. D’un côté un peu rêveur, un peu artiste, j’oublie facilement mon portefeuille ou mon portable, je me trompe d’hôtel ou mon cheval perd son filet à la remise des prix, mais de l’autre j’ai une rigidité un peu obsessionnelle en ce qui concerne le travail des chevaux, la préparation, les séances qu’ils doivent faire. D’accord, ça ne se voit pas trop. Par exemple à la détente je suis cool, je ne les embête pas trop, ce n’est plus le moment car le travail a bien été fait avant, sinon ça ne pourrait pas marcher.

On peut être sérieux sans se prendre au sérieux et je déteste les gens qui se prennent au sérieux. Car, franchement, on saute des barres, on ne sauve pas des vies ! J’aime bien aussi que le cheval nous ouvre vers d’autres personnes, d’autres horizons. Et avoir de l’humour, de l’autodérision c’est salutaire au quotidien !

 

VOLTIGE

DAVID AISSA : ON N’A PAS BESOIN DE MILLIARDS POUR CONSTRUIRE SA CARRIERE EQUESTRE

Nous sommes allés à la rencontre de David Aïssa, moniteur, directeur du Centre Equestre d’Ouistreham, éleveur et cavalier professionnel qui vient de gagner la médaille de bronze aux Championnat de France Pro 2 en compagnie de Voltige de Celland. Le cavalier a inauguré récemment un nouveau bâtiment qui accueille ses chevaux de compétition. Le bonheur est à la porte de l’écurie et il est contagieux…

FILS D’UN PECHEUR SUR SON PETIT TROTTEUR

Voltige profite de paddock

Je ne viens pas de milieu équestre ni agricole. Mon père était pêcheur à Ouistreham et ma mère comptable. J’ai débuté à cheval à l’Etrier de la plage chez M. Rube. Vers 12 ans Monsieur Rube m’a dirigé vers les épreuves des cadets – mes parents ont donc acheté Keravec, un petit trotteur chez Jean Pierre Vilaut. Il ne ressemblait à rien, stationné dans ne stalle, mais s’est révélé sensationnel. On s’est donc lancé dans l’aventure … On partait avec mon père, qui, souvent, venait de descendre de son bateau après une nuit en mer, on attelait le van avec mon petit trotteur et on arrivait sur les terrains de concours où on croisait Hubert Pignolet, Cédric Angot… les fils des éleveurs avec leur beaux Selle Français. Comme je ne les connaissais pas je n’avais pas vraiment de pression et je me suis mis à gagner les épreuves au milieu de ce beau monde ! Ils l’ont plutôt mal pris, heureusement mon père parle facilement avec les gens et il est rapidement devenu ami avec les parents de ces jeunes cavaliers. Mon trotteur était tellement incroyable qu’on a fini par le confier à René Lopez qui, à plusieurs reprises, a réussi à battre Eric Navet avec ses meilleurs chevaux ! Il se donnait vraiment à 200% et quand il touchait une barre c’est avec son poitrail, jamais avec ses jambes. Un vrai phénomène ! Mon plus beau souvenir avec lui c’est la 3ème place au derby de la SHUC de Caen, composé de 24 obstacles à 140… de telles épreuves n’existent plus aujourd’hui. Je n’avais alors que 14 ans.

A L’ECOLE CHEZ LES CHENU

Carpediem Z, un pari sur l'avenir

Carpediem Z, un pari sur l’avenir

Comme j’entendais des gens me répéter : « tu ne sais monter que des trotteurs », je voulais leur prouver le contraire, apprendre et m’améliorer. Mon père, qui était devenu ami avec André et Annick Chenu, a joué les intermédiaires et pendant plusieurs années je suis allé passer les vacances scolaires chez eux. Je leur dois beaucoup, ils m’ont vraiment énormément appris au niveau de l’équitation, de la connaissance du cheval, des soins et aussi du commerce. Ils sont devenus comme mes parents adoptifs !  Je rêvais de devenir cavalier professionnel et travailler pour eux, mais mes parents ont entendu parler des jeunes cavaliers qui ont fait faillite en se mettant ainsi à leur compte et m’ont poussé à passer mon monitorat.

MONITEUR ET ENTREPRENEUR

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J’ai écouté mes parents, j’ai passé le monitorat et à 23 ans je suis devenu créateur, gérant et directeur du Centre équestre d’Ouistreham, construit sur une parcelle de terrain cédée par mes parents. Tout a très bien marché et nous nous sommes développés assez rapidement. Aujourd’hui j’emploie 8 personnes dont ma femme qui est monitrice et nous avons une cavalerie de 80 chevaux. J’ai racheté également l’Etrier de la plage qui s’est trouvé à vendre et qui nous sert aujourd’hui de la base de loisir – on peut y débuter à cheval en douceur en faisant des balades à la plage et si on veut progresser par la suite, on va au centre équestre. C’est mon père, salarié, qui m’aide à gérer l’Etrier actuellement.

Mes journées sont bien chargées. La matinée je suis dans mes écuries de sport, l’après-midi je m’occupe de la gestion et de la comptabilité – c’est une tâche parfaitement ingrate mais nécessaire qui doit être exécutée avec une grande rigueur – c’est ma mère qui m’a toujours conseillé dans ce domaine – et le soir je donne les cours à des cavaliers niveau 6 et 7. J’aime beaucoup enseigner, j’adore les enfants et les clients en général, nos chevaux sont aussi adorables, la seule chose vraiment horrible c’est la lourdeur administrative, tous les petits circulaires qui changent sans cesse et les contrôles incessants qui partent de principe qu’on a toujours quelque chose à se reprocher. Nous avons des journées de 12 ou 13 heures et ces contrôles nous épuisent, même si on est rigoureux et en règle – je comprends bien pourquoi les agriculteurs qui peinent à s’en sortir, ne se sortant pas de salaire, donnant tout à leurs bêtes et ne pouvant vraiment pas tenir une gestion rigoureuse, se suicident…

LA PASSION DE L’ELEVAGE OU QUAND LE DESTIN S’EN MELE

Une représentante de  l'élevage de Ouistreham

Une représentante de l’élevage de Ouistreham

Un jour nous avions une propriétaire qui avait du mal à payer les pensions pour sa jument. La jument s’appelait Arrogante Assemont et était issue de l’élevage de M. Rube. Mes parents ont donc décidé de l’acheter pour aider la propriétaire. Et comme dans un concours de l’élevage nous sommes tombés amoureux de Jarnac âgé alors de 4 ans, nous l’avions mis sur Arrogante. Et notre premier poulain c’était une pouliche, Pin Up de Ouistreham qui s’est révélée être une star internationale ! Cédée à 4 ans à Jean-Pierre Vilault, montée et valorisée par David Jobertie, elle a été vendue finalement à l’Ukrainien Alexandre Onyshchenko pour une somme faramineuse ! C’était vraiment une jument extraordinaire qui a sauté au niveau de 5* et j’ai gardé ses trois sœurs : Cadence, Violine et Riva, pour l’élevage de Ouistreham. Par principe, nous les mettons toujours à Jarnac mais quand ça ne marche pas, on a aussi recours à d’autres étalons. Nos poulains se vendent très bien car ils ont tous de la qualité, des moyens et respect rappelant les exploits de Pin Up. Moi-même j’ai sorti Kador de Ouistreham qui a sauté jusqu’à 145, Top Jump de Ouistreham a été également très bien vendu – grâce à toutes ces ventes j’ai pu mettre en place les installations de mon écurie de sport. Nous venons de faire construire un beau bâtiment de 20 boxes couplé avec le manège. La moitié des boxes sont loués par les propriétaires et l’autre moitié accueillent mes chevaux de sport et les poulains pour valorisation.   Aujourd’hui, à 46 ans, je peux enfin vivre mon rêve de cavalier professionnel !

JE VEUX UN CHEVAL QUI M’AIME BIEN ET QUI SE DONNE A 100% POUR ME FAIRE PLAISIR…

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Ma jument de tête c’est Voltige de Celland achetée pour presque rien à la foire à Torigny sur Vire où on allait avec mon père pour acheter les poneys pour le CE. On m’a expliqué que la mère de Voltige était une bonne jument qui a fait les 6 ans en cycle classique mais ils ont dû arrêter car elle ne supportait pas le transport en camion. Voltige est une fille de Paddock du Plessis que j’ai connu chez les Chenu. Elle a du sang de Bourrée, la fameuse jument à la base de leur élevage et elle ressemble aux filles de Bourrée, avec un grand cœur et très généreuse, je pense donc l’utiliser à l’avenir pour notre élevage….

Ses débuts sportifs à 4 et 5 ans ont été très difficiles, trop chaude, anxieuse, pas assez avec moi. A 6 ans je suis redescendu à 1 mètre pour la rassurer et calmer le jeu, du coup à la fin de la saison elle a fait des parcours sans fautes. Mais elle reste toujours assez difficile à gérer en piste – c’est une guerrière qui ne s’arrête jamais, mais une guerrière qu’on ne peut pas soumettre complètement et il faut avoir l’humilité d’accepter ce côté fougueux. Elle me donne beaucoup – elle a gagné récemment trois Grand Prix avant de gagner la médaille de bronze Pro 2 au championnat de France. Je n’ai pas de chance avec ce championnat ! Cela fait trois ans que je vais à Fontainebleau avec Voltige, que j’arrive en finale, je suis bien placé pour gagner et puis, la jument fait tomber une barre ou elle glisse… Cette année aussi j’étais en tête jusqu’au dernier parcours et j’ai fini 3ème. Mais je le gagnerai un jour !  C’est vrai que le championnat c’est un gros effort et je comprends que les cavaliers doivent faire des choix pour les chevaux. Nous on a de la chance d’avoir la mer à côté et ça permet la meilleure récupération possible et un très bon entraînement aussi.

Je raisonne en fait un peu comme un amateur : je cherche un cheval qui m’aime bien et qui se donne pour me faire plaisir.  J’ai eu de la chance : d’abord Keravec, ensuite In the Wind et maintenant Voltige. Pour moi, c’est le plus beau sentiment qui puisse exister : le cheval qui saute pour vous, qui donne tout, se transcende pour vous faire plaisir !

In the Wind Corubert, un fils de Papillon Rouge, a eu plus de 35 000 euros de gains à 135-140 et tout le monde voulait me l’acheter mais on n’a pas voulu le vendre et il a gagné sa retraite à la maison. Enfin, c’était encore un cas…  Je l’ai arrêté à 17 ans car je sentais qu’il baissait le pied et je l’ai mis dans nos beaux herbages avec les poulains. Mais il n’a pas apprécié, a beaucoup maigri et après trois mois je l’ai remis au centre équestre où il a retrouvé vite son petit ventre et sa bonne humeur. Ma femme le montait de temps en temps pour qu’il garde la forme et puis un jour elle l’a sorti en concours et elle, qui n’avais jamais gagné, a emporté plusieurs 120. Elle a arrêté quand même quand il avait 19 ans. Et puis, un jour, à 22 ans, il a remplacé un poney boiteux et il a gagné dans une Club Elite ! Il est encore capable de faire tomber son cavalier ! Quand on pense que quand je l’ai acheté il s’arrêtait… on apprécie d’autant plus le chemin parcouru. Ma plus belle victoire avec lui c’était à Tourgéville, sous la neige, quand j’ai réussi à battre Eric Levallois dans une Pro 2 avec Lagon de l’Abbaye. J’étais très fier de moi ce jour-là !

COMMENT J’AI DECOUVERT TIMON D’AURE…

J’ai quelques capacités à voir les aptitudes chez un jeune cheval, tout comme mon père, car on a été très bien formé chez André Chenu… un exemple, Timon d’Aure que André a acheté grâce à moi ! Je l’ai repéré à 6 ans à Saint-Lô, sous la selle de Paul Meslin. Je l’ai trouvé fantastique et il était proposé à 20 000 euros – je voulais l’acheter. Mais mon père, qui voyait que j’avais une écurie remplie de chevaux que je n’arrivais pas à vendre, a trouvé que ce n’était pas raisonnable et il en a parlé à André Chenu. André a acheté Timon et nous a invité à déjeuner pour nous remercier. La suite, tout le monde connaît.

Cet épisode est resté toutefois gravé comme un regret et quand mon père m’a annoncé qu’il a vu un cheval d’exception qu’il fallait acheter – j’avais alors un budget plus conséquent – je me suis porté acquéreur. Il s’agit de Carpediem EDM Z qui a été champion de France des 5 ans des studbooks étranger avec Paco Diouf – avec tous les parcours sans faute, 23 sur 23, il était exceptionnel ! Il est d’une qualité tellement rare que je trouve dommage de le garder pour moi. Il a la capacité de faire les 5*. Kevin Staut l’aime bien, on le prépare tranquillement pour pouvoir le confier à Kevin dans l’avenir. Ce sera aussi mon bonheur de le voir briller dans des concours les plus étoilés !

LE COMMERCE AU SERVICE DU CLIENT

Il est important de vendre les chevaux pour vivre et pouvoir évoluer. Mais, d’après moi, il est aussi important que le client soit heureux, il faut donc que le cheval soit adapté au futur propriétaire, et le prix aussi. Client heureux ramène d’autres clients et j’aime beaucoup recevoir de bons retours. C’est très gratifiant. Le meilleur exemple c’est cette histoire qui m’est arrivée avec une famille polonaise. Ils ont payé un stage auprès de Pénélope pour leur fille de 13 ans. Mais comme la jeune cavalière n’avait pas le niveau pour monter les chevaux de 5*, Pénélope me l’a envoyée, je lui ai donné les cours particuliers et elle a bien progressé. Ses parents sont venus quelques mois après pour acheter un cheval de notre élevage. La jeune fille était très amoureuse de sa jument, elle a beaucoup gagné, c’était le bonheur. Malheureusement la jument a attrapé un virus mortel et la jeune fille est tombée en dépression. Après un an, quand elle a finalement exprimé de nouveau envie d’avoir un cheval, ses parents m’ont appelé et m’ont acheté une autre jument sans la voir (Elite de Ouistreham, la sœur de Chrichna Ouistreham), juste parce qu’ils me faisaient confiance. J’étais très touché et le couple a l’air de fonctionner très bien – à 5 ans elle saute des parcours à 125.

ON N’A PAS BESOIN DE MILLIARDS POUR CONSTRUIRE SON BONHEUR EQUESTRE

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Pour moi, les plus belles histoires sont celles d’Eric Navet, Eric Levallois ou Gilles Bertrand de Balanda, les cavaliers qui sont allés au plus haut avec des chevaux de l’élevage familial. Le sport d’aujourd’hui qui a besoin des investisseurs qui achètent les chevaux tout prêts et hors de prix pour sauter 4* ou 5* ne me fait pas rêver. Mon plaisir c’est de faire naître un cheval, le débuter et l’amener le plus loin possible. Je vis actuellement une très belle histoire avec Voltige, on me dit qu’elle pourra sauter 145-150, je vais donc essayer quelques 145 pour voir si elle peut passer le cap. J’ai beaucoup d’espoir avec les jeunes chevaux de notre élevage. Aujourd’hui,  je suis un directeur de centre équestre, un éleveur, un cavalier parfaitement heureux !

 

THOMAS ET UP TO YOU

THOMAS ROUSSEAU – CE QUI COMPTE C’EST LE PARTAGE

Thomas et Up To You GFE

Thomas et Up To You GFE au calme à la maison…

 Je suis né en Bretagne dans une famille liée au monde équestre. Mon père était cavalier et ma mère inséminatrice pour le compte du Haras de la Gesmeray. Quand j’avais neuf ans mon père est mort d’une crise cardiaque pendant un concours d’entraînement. On a pas pu le sauver alors qu’il a été pris en charge instantanément par les pompiers – car à l’époque on avait des ambulances des pompiers présents sur les concours. Aujourd’hui on est obsédé par les questions de sécurité mais pas d’ambulance sur les terrains de concours. C’est scandaleux. On fait un sport dangereux et quand on a un accident sur la piste, attendre les pompiers coincés dans les bouchons c’est très dur et ça peut être tragique.
Après un Bac agricole j’ai commencé par monter pour le Haras de la Gesmeray avant de passer trois ans chez Bruno Rocuet. C’était une belle expérience qui m’a donné les bases de formation des jeunes chevaux. Pour le reste, je suis assez autodidacte, j’ai appris en regardant les autres cavaliers et en adaptant mes observations à la spécificité de chaque cheval pour pouvoir monter beaucoup de chevaux différents. Car c’est au cavalier à s’adapter au cheval, pas l’inverse.
JE N’AI PAS EU LES MOYENS, DONC JE ME SUIS ADAPTE
THOMAS ET UP TO YOU
A la base je ne suis pas aisé et je n’aurais pas osé me lancer à mon compte sans l’encouragement de Christian Planchon. Il m’a proposé 6 chevaux en pension et un camion. Le Pôle Emploi m’a aidé avec 6000 euros et un ami m’a prêté de l’argent pour ouvrir un compte engageur. C’est comme ça que j’ai démarré en 2009 et j’ai avancé petit à petit pour arriver à louer, aujourd’hui, une écurie dans ces magnifique installations au Haras du Barquet. Je ne suis pas à plaindre, on a une bonne qualité de vie mais la route n’a pas été facile tous les jours.
ON PARIE SUR LES BONS CHEVAUX
CANDY DE NANTUEL*GFE

CANDY DE NANTUEL*GFE

 Aujourd’hui j’ai fait le choix de parier sur la qualité. J’ai 16 à 20 chevaux à l’écurie et deux employés très dévoués Flavien Giraud et Alisson Thory qui veuillent à leur bien-être. Il est important que l’ambiance à l’écurie soit bonne et détendue car les animaux la ressentent. L’élément clé de la réussite c’est également l’aide de ma femme qui travaille dans l’ombre en s’occupant des taches administratives et qui m’accompagne sur les routes en tant que groom concours, enchaînant les jeunes en semaines et les « grand » en week-ends. Je ne la remercierai jamais assez…
Je prends les chevaux à l’essai pendant un mois avant de décider de m’investir. Les pensions coûtent assez cher, les  les propriétaires-éleveurs comme Denis Brohier, Stéphane Chalier ou les frères Pignolet me les confient en espérant une bonne commercialisation, il faut donc être assez sûr de pouvoir arriver aux résultats escomptés. Et on sait qu’on s’entend pas forcément avec tous les chevaux: le meilleur cavalier avec le meilleur cheval ne forment pas forcément le meilleur couple! L’exemple de travail réussi qui m’a fait très plaisir, c’est une bonne jument d’Eric Levallois que j’ai formé à 6 et 7 ans et qui, trois semaines après la vente, a gagné le GP 2 étoiles en signant le seul sans faute!
J’ai mis des années à construire ce système qui ne fonctionne pas si mal – si vous regardez mes classements dans les GP les années passées ce n’est jamais avec les même chevaux. La seule exception était Red Queen Davier qui n’était pas à vendre et que j’ai pu garder plus longtemps.
CE QUI COMPTE C’EST LE PARTAGE
THOMAS VICTOIRE
Je monte à cheval car j’aime les animaux. La performance en soi n’est pas intéressante si on ne construit pas, on ne partage pas ensemble. Car les chevaux, s’ils sont en confiance, se donnent pour nous. Quand, au barrage, le cheval semble obéir presque à votre pensée, c’est unique et c’est un plaisir de partager extraordinaire! Et certains d’entre eux nous donnent plus que d’autres. Et ce ne sont pas forcément les chevaux avec qui on a le plus de résultats – ils n’ont pas forcément tous les moyens, mais ils ont là pour nous. Et on s’y attache d’autant plus qu’ils ont souvent une forte personnalité. C’est comme chez les gens, les plus doués n’ont pas été forcément les meilleurs à l’école…
IL FAUT COMMENCER PAR LES AIMER
rousseau imbattable
Il faut commencer par l’aimer. Si vous l’aimez, si vous croyez en lui, même s’il n’est pas le meilleur, le cheval vous donnera le meilleur de lui-même. Car si on n’y croit pas, il y a peu de chances que ça marche. On s’investit moins, on passe moins de temps, on est moins patient et le cheval ressent tout cela, forcément. Pour qu’un cheval se donne, il faut qu’il se sente bien. Il m’est arrivé une fois de passer à côté d’une jument que j’ai eu à 5 ans. Après 6 mois de travail j’ai suggéré au propriétaire de changer d’écurie car je n’ai pas compris son mode de fonctionnement. Il l’a fait, elle a été ensuite commercialisée au Canada et tourne aujourd’hui dans de belles épreuves. Je reste persuadé que si elle était restée chez moi, elle n’en serait pas là aujourd’hui…
Sinon, il y a eu pas mal de chevaux qui ne faisaient rien et qui se sont révélés dans mes écuries. C’était le cas d’Aresse M. Le cheval marchait bien avec son propriétaires à 135-140 et celui-ci a voulu le faire évoluer sous une belle selle à haut niveau mais les essais n’ont pas été concluants. Et moi j’ai découvert un crack. Son premier GP 135 à Cabourg, gagné, son premier 140 à Deauville, gagné. Le Grand National de Cluny, gagné. Il a fini 8ème du GP 160 du 4 étoiles de Bourg-en-Bresse avant d’être commercialisé. Tout cela en six mois…
Le plus long à venir c’est la confiance et le relâchement. Une fois que c’est acquis alors, si le cheval a le potentiel, on passe assez facilement les étapes. Et c’est très euphorisant quand cela vous arrive…
BIEN GERER LE MENTAL C’EST PRESERVER LE PHYSIQUE
rousseau et queyraz
Je suis hyper vigilant en ce qui concerne la condition physique des chevaux. Les blessures arrivent quand on est trop fatigués, quand on ‘en peut plus. C’est vrai pour nous aussi. Je suis cassé de partout et mon dernier accident à Saint-Lô m’a fait réfléchir. Il faut savoir s’arrêter, souffler, penser à autre chose pour pouvoir garder envie et fraîcheur. Pareil les chevaux: si on leur demande de forcer trop, le moral va en souffrir. J’ai décidé donc, après un bon début de saison, de les arrêter un petit mois avant les échéances du juin, juillet, août. C’est bon pour leur corps et, du coup, pour leur moral.
Comme je fais très attention, j’ai eu très peu de chevaux blessés ou arrêtés. Depuis que je me suis installé en 2009 j’ai n’au eu que deux cas d’arrêt prolongé: une tendinite et une blessure accidentelle. Mais, par contre, j’ai perdu deux chevaux d’une manière soudaine et imprévisible et en plus, en concours, donc tout le monde en a parlé. Les deux chevaux étaient entraînés, en forme, depuis un an dans mes écuries, on ne pouvait pas prévoir qu’ils puissent partir comme ça, d’une crise cardiaque ou d’une rupture d’anévrisme. C’est improbable, mais cela m’est arrivé deux fois. Comme je respecte beaucoup mes chevaux, les soupçons de maltraitance m’ont blessé profondément et je me dis que, parfois, le sort s’acharne.
JE VAIS A L’ECONOMIE
thomasrousseau
Le gros travail avec les jeunes chevaux se fait en hiver, pendant que les chevaux d’âge ne font plus de concours, seulement le travail d’entretien. C’est alors que les 5-6-7 ans font leur travail de base, de dressage. Pour les sauts, je fais au cas par cas et à l’économie, car moins ils sautent, plus on les préserve pour l’avenir. Les jeunes sautent uniquement la semaine avant le concours et ceux qui sont déjà dressés, qui n’ont aucun problème particulier à régler, sautent uniquement en concours. Candy de Nantuel a sauté à Sarthilly et va sauter au Pin, mais ne saute pas entre les deux concours.
POURQUOI TU NE FAIS PAS PLUS DE HAUT NIVEAU?
ASCOTT DES VAUX

ASCOTT DES VAUX

 Combien de fois on m’a posé cette question… Les gens ne voient pas tout le travail qui doit être fait en amont. Et quand tout est en place, quand il manque juste 10% pour atteindre le haut niveau, alors c’est en ce moment que le cheval est commercialisé. Et c’est normal, c’est le deal.
C’est bien pour cela que l’association avec le GFE est un compromis idéal. On valorise les étalons dans le but de vendre les saillies. Il n’y a donc pas d’objectif de commercialisation rapide. Nous travaillons dans le respect mutuel – ils gèrent la carrière de reproduction, moi la carrière sportive tout en les tenant informés bien sûr.
Pour atteindre ce fameux haut niveau on a besoin des propriétaires qui investissent, qui permettent aux cavaliers de garder les chevaux sur le long terme. C’est grâce à eux que la France a pu devenir le Champion Olympique. C’est le plus beau qui puisse arriver à notre sport, ça nous fait rêver et c’est très bon pour la filière en ensemble.
MON REVE EQUESTRE
Candy de Nantuel aime aussi le pansage...

Candy de Nantuel aime aussi le pansage…

 Mon rêve équestre ce serait de rencontrer un jeune cheval à 5-6 ans et d’aller avec lui jusqu’au bout. Partager le chemin ensemble pour arriver à une belle Coupe des Nations, à la Baule, par exemple. Gagner une Coupe des Nations de la Baule avec Candy de Nantuel ce serait ça, mon rêve réalisé! Et pourquoi pas? Je crois en lui, pour moi c’est un crack!
Il me fait penser à Quickly de Kreisker que j’ai monté à l’âge de 5 ans et j’ai dit à tout le monde qu’il était hors norme et on ne me croyait pas. Pareil pour Candy – mes je n’écoute plus ce genre de commentaires. Je l’avais essayé à Saint-Lô, il sortait de la période de prélèvement, il était très frais et joueur. Je n’avais pas la sensation de sauts importants mais quand j’ai vu la vidéo, j’étais assez impressionné. Et ça continue! Chaque fois que je sorte de piste avec lui, j’ai envie d’y retourner. Il a beaucoup de sang mais reste très calme, gentil, facile à soigner et manipuler.  Adorable et tout le monde l’adore à l’écurie. L’émotion de la piste, qui rend timides certains chevaux, le révèle!  Il entre en piste comme on rentre sur scène: il prend la pose, joue, mais reste très concentré à l’obstacle. Les moins regardants, ils les passe juste comme il faut, mais dès que je signale qu’il faudra faire un effort, il réagit immédiatement! Il a un super charisme et ça se sent. Il a sailli 500 juments en deux ans, c’est remarquable pour un jeune cheval sans palmarès. Je crois en lui très fort et j’espère que mon rêve équestre se réalisera un jour…
PROFITER DE LA VIE
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J’aime les animaux, je suis passionné par la plongée sous marine.
J’aime aussi les gens, le partage, l’enseignement.
J’aime profiter de la vie, sinon l’existence serait bien monotone et sans saveur.
Il faut faire des efforts pour sauvegarder la joie de vivre!
Avec Umbrelle

LE JUMPING AVEC AEC EST DEVENU LE PLUS GRAND CONCOURS NATIONAL

Le bonheur de la groom d'Edward Levy

Le bonheur de la groom d’Edward Levy

On aime bien aller Pôle Hippique à Saint-Lô car on y trouve chaque fois une ambiance très particulière, où le sport se mêle à la convivialité, où les stars étoilées sont traitées avec les mêmes égards que les amateurs, où les éleveurs locaux et les visiteurs venants de toute la France et de l’étranger, se sentent chez eux.

JUMP

AEC, Association des Ecuries du Concours de Normandie, dirigée par Charles-Hubert Blin, organise les événements sportifs avec une belle équipe de bénévoles et le succès est au rendez-vous. 1400 engagements la première semaine, 1700 le deuxième week-end, le téléphone qui sonne pour les demandes de la dernière minute, les boxes loués en urgence… L’équipe est flexible, essaie de s’adapter et de faire plaisir au plus grand nombre. Alain Lhopital, chef de piste de cette édition, a dû repenser les configurations d’obstacles pour les bouger le moins possible sur la piste pour enchaîner les épreuves avec des centaines participants avec fluidité. Car plus il y a de chevaux et de cavaliers, plus la gestion doit être rigoureuse et précise, plus la tension augmente. Avec, en plus, un concours d’élevage de 2 et 3 ans la première semaine et le concours des jeunes chevaux la deuxième semaine, ce n’est plus une organisation mais un exercice de la haute voltige ! « Heureusement que nous avons noué les liens forts avec nos partenaires institutionnels, Conseil Départemental de la Manche, Saint-Lô Agglo et la Ville et nos partenaires privés. Sans eux impossible d’organiser un événement attractif et on fait tout pour qu’ils soient satisfaits. »

QUELQUES BONS MOMENTS…

Samedi, 21 avril, la journée a commencé sous le soleil bien printannier pour terminer par un gros orage. Les derniers cavalier de l’épreuve vitesse 140 ont sauté sous une pluie diluvienne. Parti le dernier, EDWARD LEVY, déjà en tête de l’épreuve avec Umbrella Ter Wilgen Z en 27.08 a réussi, malgré un pluie battante, de battre son propre score avec Starlette de la Roque en 26.44. Il occupe ainsi la première et la deuxième place. « Il l’a fait! », s’exclame sa groom, parfaitement heureuse. C’était une belle mise en jambes avant le concours de New York!

EDWARD LEVY et sa Star-lette de la Roque

EDWARD LEVY et sa Starlette de la Roque

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Avec Umbrelle

Avec Umbrella

TIMOTHEE ANCIAUME termine 3ème en compagnie de Ulster de Nantuel

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MARGAUX ROCUET, aussi efficace qu’élégante, a réussi à se classer 4ème avec Vahine de Bieville et 6ème avec Astalavista Declamens. C’est ALIX RAGOT avec sa bonne Viola O’Moulin qui termine 5ème. Photos: MARGAUX en action…

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OLIVIER MARTIN, toujours impeccable, sans faute et courtois avec ses super étalons: Andiamo de Semilly, Artiste de l’Abbaye et Vandy du Bois d’Elle avec qui il communique très gentimment pendant le parcours. « C’est bien bonhomme » étant la phrase la plus entendue… Photos: Olivier et Andiamo

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PENELOPE LEPREVOST a fait plusieurs tours de travail avec ses nouveaux chevaux…

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Alors que FELICIE BERTRAND après Sultane des Ibis, avec qui elle commence à devenir très compétitive, et Vahiné de Favi, a monté Nice Stephanie, la jument qui a marqué les débuts de collaboration entre Pénélope et le Haras de Clarbec.

FELICIE NICE STEPHANIE

PRIX NORMANDIE TERRE DE CHEVAL

Une épreuve Vitesse 130, proposée avant celle du Conseil Départemental, a réuni plus d’une centaine de concurrents. C’était donc très difficile de se retrouver au top de classement. HUBERT PIGNOLET avec Upsillon d’Elle s’est révelé imbattable en 51.80 – les frères Pignolet ont démontré une belle forme et beaucoup d’envie tout au long du concours.

H PIGNOLET UPSILLON D'ELLEPIGNOLET NOLAN

MARC LE BERRE avec Utopie du Blavet a tenté le tout pour le tout mais a dû se contenter d’une très belle 2ème place, poursuivi par JEROME HUREL sur Unique St Loise.

MARC LE BERRE UTOPIE DU BLAVETHUREL

JEMMA KIRK avec Quelisto est quatrième, ROBIN LESQUEREN cinquième en compagnie de l’attachante Vanda d’Ellipse. LAURENT GOFFINET est sixième avec Trésor Paluelle et CLARANCE GENDRON avec son incroyable Rodrigo, septième. Photos: Jemma et Clarance

JEMMA KIRK QUELISTOCLARANCE GENDRON RODRIGO

Photos: LAURENT et ROBIN

LAURENT GOFFINET TRESOR PALUELLEROBIN LESQUEREN VANDA D'ELLIPSE

Tous les résultats: https://www.aec-normandie.fr/resultats

 

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CLARANCE ET RODRIGO UNE SI BELLE HISTOIRE…

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On les croise à la sortie de la piste du Notre -Dame d’Estrée ou le couple s’est classé 5ème dans le GP 130. Le cheval s’est fait remarquer en piste par sa façon de se déplacer et de sauter avec l’encolure étendue, très en avant qui fait sourire les spectateurs mais qui ne le dérange pas pour sauter d’une manière rapide et généreuse. Rodrigo, très à l’aise et en confiance, interpelle les passants les passants avec la pointe de son nez gris.

CLARANCE BARRAGECLARANCE G2

« Il sait qu’il a bien fait et il demande les bonbons, explique CLARANCE GENDRON, très complice de son protégé. Quand il est arrivé aux écuries il avait peur de tout, il réagissait très fort, mais après un an on a réussi à passer des épreuves club au classement dans le Pro3 Vitesse 125 et Pro2 GP 130. Une évolution spectaculaire qui a attiré une très forte attention des acheteurs. Ensuite, il y avait des hauts et des bas. Quand il se faisait peur avec la hauteur ou la largeur des obstacles, il pouvait avoir des réactions assez fortes. A chaque fois je revenais aux bases pour le rassurer. Je n’ai pas lâché et il y a un an, il s’est révélé. En mars 2017 je l’ai emmené à Oliva en Espagne où on a sauté les épreuves CSI * à 125 et 130 et il s’est classé 6 fois sur 9 épreuves sautées. Ensuite sa plus belle réussite c’est la victoire dans le GP 135 du CSI* dans le Jumping AEC à Saint-Lô en novembre 2017. Et ça continue ! Sur 40 sorties on a plus de 30 classements. Il a pris confiance, maintenant il adore aller en concours et on se fait plaisir tous les deux. C’est le véritable début de sa carrière ! Il a son allure bien à lui, mais c’est dû à sa morphologie et il faut faire avec, on ne peut pas le forcer pour avoir un rassemblement classique. J’ai suivi mon sentiment, savoir écouter son cheval c’est quand même la base pour un cavalier … »

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Ne pas se décourager, suivre son cœur, écouter son cheval. Et il vous apportera la plus belle des récompenses….

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PATRICE DELAVEAU AND VESTALE DE MAZURE. A HERMES COUPLE

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« It is true that she is progressing in an incredible way, that she learns very quickly and gains strength. In addition she is a true warrior « , PATRICE DELAVEAU speaks with passion of his 9 years old young mare,VESTALE DE MAZURE HDC daughter of Landor S and Mildam de Mazure by Quidam de Revel.
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They are now a real couple. The warm up is done in calm with little effort, the mare is waiting to return to the track to give all the strength and attention to his rider. Destined for speed classes, she must be very reactive and trustful, because that’s how we can go faster and closer to obstacles.

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FELIX HASSMANN

Saturday morning a second place because of micro seconds lost due to a little hesitation, the mare thought she had to jump an obstacle of bias – so used to the courses which turns constantly – whereas that the final obstacle was in a straight line! Vestale saves the jump but it is the young FELIX HASSMANN who wins on Cayenne WZ Hoslt in 54.99 seconds. Patrice is behind in 55.33 seconds. Photo: before the award ceremony Saturday morning: PATRICE DELAVEAU with PHILIPPE ROZIER – 5th with Cristallo ALM HOLST, a very good performance! FELIX HAUSSMANN with OLIVIER ROBERT, 4th with Vivaldi des Mulleaux SF.

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MARCUS EHNING is third with Calanda 42, a hannov mare

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OLIVIER ROBERT et PHILIPPE ROZIER

Saturday evening, we find the same and we start again with a 150-160m if height ! PATRICE DELAVEAU starts in 4th with VESTALE DE MAZURE, tight turns (especially that between 1 and 2 which will make a lot of mistakes!), Gallop towards obstacles this time away and manages to complete a magnificent course in 43.77seconds. His chrono will push the other competitors to make mistakes and he will once again be seriously endangered by the same FELIX HASSMANN riding this time BALZACI West is second in 44.42 seconds.

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FELIX HASSMANN and Balzaci 2nd

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PHILIPP WEISHAUPT and Belo Horizonte 3rd

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PHILIPPE ROZIER and Rêveur de Kergane 4th

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GREGORY WHATELET and MJT Nevados S 5th

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HERMES RYAN A LA CONQUETE DU GRAND PRIX HERMES AU SAUT HERMES PARIS

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Le scénario ne pouvait pas être écrit d’une manière plus parfaite… Pour clôturer en beauté le Grand Prix Hermès, très bien doté, les meilleurs cavaliers de la planète ont fait appel à leurs meilleurs chevaux. SANTIAGO VALERA  ULLASTRES, le nouveau chef de piste espagnol secondé par GREGORY BODO a dessiné les parcours fluides, techniquement exigeants mais très respectueux des chevaux. Les cavaliers ne tarissaient pas d’éloges, les chevaux, s’ils pouvaient parler, seraient forcément d’accord… L’organisation par GL Events a encore été parfaite et la maison HERMES élégante, raffinée et accueillante – merci pour les couvertures offertes au public frigororifié! Santiago Valera a eu également un gentil mot pour les volontaires. Bravo à eux! Photo: conférence de presse…

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Dans le Grand Prix SAUT HERMES doté de 400 000 euros, 14 couples ont trouvé la solution d’un passage sans faute. Les spectateurs avaient donc le droit à une belle finale avec un dessin assez spectaculaire. En sortant d’un double il fallait négocier un virage très serré, « gardé » par un obstacle, pour réussir à sauter un mur. Si on élargissait trop on était hors jeu, si on préparait trop on faisait tomber les barres du double avant. Un vrai casse-tête espagnol résolu finalement par 6 cavaliers, les seuls auteurs d’un double parcours sans-faute.

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MARCUS EHNING avec son CORNADO NRW (WESTF)  est parti le premier en dessinant un parcours parfait, fluide, maîtrisé. « J’ai pensé que j’ai été rapide mais les jeunes m’ont démontré que je ne l’était pas assez », a plaisanté  le champion allemand qui souligne sa motivation intacte pour la « Grande finale parisienne ».  Finalement il sera 3ème en 35.72.

MARCUS EHNING et CONRADO NRW

MARCUS EHNING et CORNADO NRW

Les premiers poursuivants – Peder Fredricson ou Harie Smolders n’arrivent pas à battre Ehning. PEDER FREDRICSON finira 4ème en 36.46 avec HANSSON WL (SBS). Photos: Peder, son cheval et sa veste H&M

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SIMON DELESTRE rentre alors en piste avec HERMES RYAN DES HAYETTES (SF). Son cheval est en forme, il est capable de rebondir  d’une manière unique et son petit gabarit est parfait pour exécuter au milimètre le virage serré devant le mur. Son tour est époustouflant, on se dit qu’il va être très difficile, peut-être même impossible, de le battre. « J’appréhendais surtout le passage de Niels et de Patrice », a commenté le Cavalier Hermès après la victoire .  Photo: le couple gagnant en action!

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NIELS BRUYNSEELS a des vrais ambitions pour GANCIA DE MUZE (BWP), sa jument généreuse et rapide qui vient de remporter une étape coupe de monde la semaine dernière. Et cette fois encore la fille du Malito de Rêve SF, donne tout. « C’est ma faute, j’ai mal monté mon barrage, déclare cavalier belge. Mes deux virages n’ont pas été parfaits, ça nous a coûté la victoire… » Le couple termine « seulement » deuxième.  On peut parier qu’après le repos, on va les retrouver à la finale parisienne. Photos: Niels et Ganzia de Muze.

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OLIVIER ROBERT avec TEMPO DE PABAN (AA) sait qu’il n’a pas d’armes pour se battre vraiement – il effectue donc un très beau tour fluide et aérien en 38.25 qui va lui apporter une belle 5ème place.  JANIKA SPRUNGER avec BACARDI VDL (KWPN) prend carrément son temps sur la piste en dépassant 45 secondes et elle terminera quand même 6ème. Photo; Olivier Robert et Tempo de Paban, pas très sage à la remise des prix…

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PATRICE DELAVEAU avec AQUILA HDC (KWPN) se bat comme un lion et doit prendre tous les risques pour essayer d’approcher la victoire, mais le virage devant le mur est  trop serré, le saut devient impossible, le rêve de la victoire s’écroule mais le chronomètre 34.86 lui donne tout de même une 7ème place du plus rapide des 4 points au barrage. Photo: Janika et Patrice au-dessus du même obstacle…

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« C’est vraiment un jour exceptionnel et une victoire extrordinaire pour moi, affirme Simon. La maison HERMES soutient Ryan et c’est vraiment le bonheur de gagner ici, dans « sa maison parisienne ». Je remercie tous les jours d’avoir une telle chance de pouvoir monter un cheval comme Ryan. Il est unique et je vais faire tout désormais pour le préserver pour les plus grandes échéances sportives comme le Championnat du Monde ou les JO.  »

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EDWINA ET BERTRAM OF COURSE!

Le Prix SAUT HERMES qui se déroule samedi après-midi et qui a la spécificité de présenter les couples a toujours des favaeurs du public. Cette fois-ce encore les tribunes ont été pleines pour applaudir les beaux couples mariés pour l’occasion par l’organisateur GL Events. L’épreuve en deux manches, la deuxième au chrono a finalement donné le status de Grand Gagnant au couple composé d’EDWINA TOPS ALEXANDER (Aus) sur Lintea Tequila HOLST et  BERTRAM ALLEN (Irl) sur Christy Jnr BWP avec 4 points de pénalité uniquement.

EDWINA ET BERTRAMEDWINA ET BERTRAM3

BERTRAM4EDWINA3

A la deuxième place, à cause d’un point de temps dépassé par MALIN BARYARD JOHNSSON (Swe) avec sa magnifique H&M Cue Channa 42 SWB accompagnée par notre KEVIN STAUT national sur Silver Deux de Virton HDC SF. Un couple visiblement très bien assorti…

KEVIN ET MALINCOUPLES GAGNANTS 3

MALIN2KEVIN2

A la troisième place on retrouve  un coupe 100% Français: MARGAUX BOST et son fidèle As de Papignies SBS qui n’a pas touché une barre et CEDRIC ANGOT avec Talent des Moitiers SF qui a fait 12 points.

MARGAUX ET CEDRICM BOST

Ils ont profité de la mésaventure de Max Kühner qui est tombé avec Cornet Calua, bien décidé à ne pas sauter en direction de l’écran, dont le couple avec la très élégante et efficace Alexandra Paillot et son Tonio la Goutelle a été bien placé en tête…

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PATRICE DELAVEAU ET VESTALE DE MAZURE. UN COUPLE HERMES

PATPODIUM2« C’est vrai qu’elle progresse d’une manière incroyable, qu’elle apprend très vite et prend de la force. En plus c’est une vraie guerrière », PATRICE DELAVEAU parle avec passion de sa jeune jument de 9 ans, VESTALE DE MAZURE HDC fille de Landor S et de Mildam de Mazure par Quidam de Revel.

PATRICE3PATRICE2

Ils forment désormais un vrai couple. Les détentes se font dans le calme avec peu d’efforts, la jument attend de rentrer en piste pour donner toute la force et toute attention à son cavalier. Destinée aux épreuves de vitesse elle doit être très réactive et faire confiance, car c’est ainsi qu’on peut aller au plus vite et au plus près des obstacles.

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FELIX HASSMANN

FELIX HASSMANN

Vendredi, Prix HERMES SELLIER, un très beau parcours rapide mais une faute, samedi matin, Prix GL EVENTS une deuxième place à cause de micro secondes perdues par un » petit pas de côté » la jument pensait devoir sauter un obstacle de biais – tellement habituée au tracé qui tourne sans cesse – alors que  que l’obstacle final se trouvait en ligne droite! Vestale sauve le saut mais c’est le jeune FELIX HASSMANN qui l’emporte sur Cayenne WZ Hoslt en 54.99, Patrice se retrouve derrière en 55.33. Photo avant la remise des Prix GL EVENTS: PATRICE DELAVEAU avec PHILIPPE ROZIER – 5ème avec Cristallo ALM HOLST, une très belle performance! FELIX HAUSSMANN en compagnie d’OLIVIER ROBERT, 4ème avec Vivaldi des Meneaux SF.

MARCUS EHNING est troisième avec Calanda 42, une jument HANNOV

PETP3FELIX ET OLIV

MARCUS2MARCUS

OLIVIER ROBERT

OLIVIER ROBERT et Vivaldi des Meneaux

PHILIPPE ROZIER

PHILIPPE ROZIER et Cristallo ALM

Samedi soir, PRIX 24 FAUBOURG, on retrouve les même et on recommence avec une hauteur de 150-160! PATRICE DELAVEAU part en 4ème avec VESTALE DE MAZURE, serre les courbes (surtout celle entre 1 et 2 qui va faire beaucoup de fautes!), galope vers les obstacles cette fois-ci éloignés et réussit à boucler un tour magnifique en 43.77. Il va ainsi pousser à la faute ses nombreux concurrents et se trouvera encore une fois mis sérieusement en danger par le même FELIX HASSMANN accompagné cette fois par BALZACI West qui termine deuxième en 44.42.

PODIUMPAT3 OK

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FELIX

FELIX HASSMANN et Balzaci 2ème

PHILIPP WHEISHAUPT

PHILIPP WEISHAUPT et Belo Horizonte 3ème

PHILIPPE ROZIER et Rêveur de Kergane

PHILIPPE ROZIER et Rêveur de Kergane 4ème

GREGORY WHATELET et

GREGORY WHATELET et MJT Nevados S 5ème